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Linux Attitude

Le libre est un état d'esprit

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Tag: Commande

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Résumé : trap DEBUG ; PROMPT_COMMAND

Voici comment loguer l'activité d'un utilisateur.

Mais tout d'abord, commençons par apprendre comment envoyer une ligne dans syslog. C'est simple, il suffit d'appeler logger avec les options qui vous intéressent (toutes optionnelles) et un message :

$ logger -i -p local5.info -t bash "$(tty): Bonjour syslog"

On enregistre le pid (option -i) pour permettre la corrélation avec d'autres lignes de logs.

On utilise la facility local5 qui est une sorte de tag utilisé par syslog pour savoir dans quelle catégorie mettre les logs. Les facilities servent essentiellement à faire des règles de tri des logs (par exemple il y a une facility authpriv pour tout ce qui est authentification). Il y a 8 facilities disponible pour les administrateur qui voudraient utiliser des valeurs qui ne sont pas standard. J'ai choisi local5.

On utilise le niveau de log info qui est quelque chose de standard parmi les systèmes de logs en général et permet de filtrer facilement.

On en profite pour loguer le tty en cours pour permettre une corrélation avec la commande last (on ne sait jamais).

Nous avons aussi besoin de la commande capable de nous donner la dernière commande tapée :

# lister la dernière commande sans son numéro
$ fc -ln -1

Il n'y a plus qu'à mettre l'une de ces lignes dans le fichier /etc/profile qui est lu par bash au lancement de sessions interactives :

# envoyer la commande dans syslog pour chaque commande AVANT exécution
$ trap 'logger -i -p local5.info -t bash "$USER $(tty): $(fc -ln -1)"' DEBUG

# envoyer la commande dans syslog pour chaque commande APRES exécution
$ PROMPT_COMMAND='logger -i -p local5.info -t bash "$USER $(tty): $(history 1)"'
# fc ne marche pas correctement dans PROMPT_COMMAND

Pourquoi

Enregistrer cette info peut être utile puisque les logs ne sont pas modifiables par un utilisateur simple. Et si vous avez un serveur syslog centralisé, ils ne le sont même pas par root depuis la machine d'origine.

Mais ceci ne doit pas vous faire oublier eux choses.

Tout d'abord le shell est un processus lancé par l'utilisateur, ce qui veut dire que l'enregistrement de cette information est nécessairement soumis à la bonne volonté de l'utilisateur. Un utilisateur peut supprimer le trap ou remplacer le PROMPT_COMMAND. Et supposons que vous trouviez un moyen pour l'en empêcher, l'utilisateur peut toujours tuer son propre shell, lui faire faire un exec vers un autre shell n'ayant pas de logs, tracer son shell pour modifier son activité etc.

Ensuite il faut être bien conscient de ce qu'on enregistre. On enregistre l'activité interactive d'un shell. Ceci exclue les transferts de fichiers (scp,...), les exécutions automatiques (cron, ...), les exécutions via un code (vi script; ./script). Et si on regarde bien ce dernier cas, on comprend qu'à moins de loguer tous les appels systèmes avec tous leurs paramètres, il est impossible de garantir qu'un utilisateur malveillant n'a pas exécuté une commande.

En conclusion ce système n'est pas là pour garantir l'enregistrement de toute activité d'un utilisateur plus ou moins malveillant, mais ça peut être une piste de recherche parmi d'autres lorsqu'un problème survient (qui a supprimé ma libc ?).

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Résumé : atime, ctime, mtime, crtime

Je constate que je n'ai jamais fait d'article sur les dates de fichier, c'est bien dommage car on me pose souvent la question. Voila qui va régler ce malentendu.

ctime et mtime

Unix depuis très longtemps ne stocke pas la date de création d'un fichier (contrairement à windows). A la place il stocke 3 dates au format timestamp unix. Les plus difficiles à comprendre sont mtime et ctime. Mais en réalité c'est simple, il suffit d'apprendre leur nom :

  • mtime : modification time, date de dwœernière modification du contenu du fichier
  • ctime : change time, date de dernier changement des métadonnées du fichier (par exemple le propriétaire)

Rien que pour vous, j'ai un moyen antimnémotechnique : M comme Contenu et C comme Métadonnée. Je ne sais pas vous, mais moi ça marche.

Attention, la modification du contenu d'un fichier modifie sa date de modification, qui est une métadonnée ... Elle modifie donc aussi sa date de changement. En conséquence de quoi on a toujours ctime >= mtime.

atime

Historiquement unix a eu l'idée originale de stocker la date de dernier accès à un fichier, le atime (access time). Ça a l'air cool, mais en réalité c'est une fausse bonne idée car elle interfère avec la notion fondamentale de lecture. En effet, pour mettre à jour le atime, chaque lecture impliquera une écriture.

Plus le temps passe plus le atime est problématique. Ça a commencé avec les sites web qui avaient des problèmes de performance à cause de la mise à jour du atime lors de la lecture des fichiers. On a alors inventé la possibilité de désactiver le atime au montage (option noatime).

Puis ça continue avec le SSD, écrire le atime implique une écriture toute petite à chaque lecture de fichier, ce qui implique la modification d'un inode et donc d'un block disque. Et avec le fonctionnement du SSD cela implique la lecture et la réécriture d'un gros bloc de données, donc des problèmes de performances. Puisque le atime reste utilisé par quelques applications (aussi rares soient-elles), on a inventé l'option relatime, qui ne met a jour le atime que s'il était égal ou antérieur au ctime. Ça permet de détecter une lecture depuis la dernière modification tout en faisant sauter un grand nombre de mises à jour du atime (mais pas toutes).

Le problème suivant intervient avec les snapshots, lorsqu'on utilise des snapshots de disques (à travers LVM ou à travers un serveur de VM), on se retrouve à mettre à jour le disque de snapshot et donc occuper de l'espace disque rien qu'en le lisant. Le summum étant atteint avec btrfs. Si vous faites un snapshot avec btrfs il ne vous prendra quasiment aucune place sur le disque. Si vous faites un find sur ce snapshot, la mise à jour du atime va quasiment remplir l'espace disque du snapshot d'une copie complète des données originales.

Conclusion, oubliez le atime ...

crtime

Comme je vous l'ai dit, windows stocke la date de création, c'est donc tout naturellement que les linuxiens ont voulu la même fonctionnalité. C'est enfin chose faite avec ext4. En effet, ext4 a profité de l'agrandissement de la taille des inode (de 128 à 256) pour stocker plus d'informations, celles-ci incluent la date à la nanoseconde près et la date de création.

Cool, mais comment fait-on ?

Malheureusement, les outils habituels n'ont pas encore été mis à jour pour récupérer cette information. Il nous faut donc le faire à la main :

# d'abord on récupère le numéro d'inode du fichier
$ stat --format "%i" /chemin/vers/le/fichier
# puis on récupère la date de création
$ debugfs -R 'stat <123456>' /dev/partition | grep crtime

Notez que ça ne marche que sur des partitions ayant des inodes de 256 octets, ce qui exclue les systèmes de fichiers mis à jour depuis ext2 et ceux venant d'un ext3 avec des inodes de 128 octets.

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Résumé : vlock; vlock -ns

Vous avez vu apparaître dans l'article sur tmux, un petit outil pour verrouiller le terminal, il s'appelle vlock.

Son unique fonctionnalité est le locker un terminal et de demander un mot de passe pour être débloqué.

Mine de rien ça lui fait quand même deux cas d'usage :

  • bloquer l'accès physique à une machine
  • bloquer l'accès virtuel à un shell

Virtuel

Avec la commande suivante :

$ vlock

Vous bloquez votre terminal en cours, et seul un mot de passe peut le débloquer. C'est utile essentiellement lorsque vous êtes connecté en ssh à distance sur une machine.

Physique

L'option -a permet de locker toutes les consoles locales (ctrl-alt-Fx, ou alt-Fx), en pratique il locke la console en cours et empêche d'en changer. Il faut donc déjà être sur une console locale.

Si vous êtes sur X, vous êtes aussi sur une console locale (remarquez le ctrl-F7 pour y aller). Mais le shell qui va lancer votre commande ne l'est pas, il est dans le terminal virtuel de xterm, rxvt, konsole et consorts. Pour locker toutes les consoles, il faut donc utiliser l'option -n qui ouvre une nouvelle console (avec openvt) avant de continuer avec l'option -a.

Enfin notez que l'utilisateur local a en général accès aux magic keys, et une de ces magic keys sert justement à tuer le processus en avant plan (alt-sysrq-k), par exemple pour garantir qu'il n'y a pas de keylogger. Si vous ne voulez pas vous faire tuer votre session par cette combinaison de touche vous pouvez utiliser l'option -s. C'est là qu'on voit que cette combinaison nommé SAK n'est pas si sécurisée que ça puisqu'elle peut être désactivée...

Donc je résume :

# en tant qu'utilisateur normal et seulement depuis une console texte
$ vlock -a
# en tant que root
$ vlock -sn

Quand le lancer

Et c'est là qu'est la difficulté, en toute logique le lancement doit se faire par le processus qui dispose du terminal à un instant donné, surtout dans le cas de blocage du terminal virtuel. La bonne solution est de le lancer après un certain temps d'inactivité, et seule l'application peut savoir quand le lancer. C'est donc à vous de trouver les settings spécifiques à l'application pour le faire.

Mon article précédent indique comment faire pour tmux, malheureusement je n'ai pas trouvé de solution pour bash qui ne propose que la variable TMOUT qui termine complètement le shell.

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Résumé : tmux

Comme disait un illustre au grand cœur, "Compromis, chose due !" (orthographe approximative). Voici donc mon fichier de configuration détaillé de tmux, à mettre dans ~/.tmux.conf ou /etc/tmux.conf au choix. Je n'ai pas changé beaucoup de raccourcis car je tiens à m'habituer autant que possible aux valeurs par défaut qui vont se retrouver sur mes nouveaux serveurs.

J'en profite pour ajouter un raccourci que j'ai oublié la dernière fois :

  • ctrl-b D : pour détacher un tmux resté ouvert à distance
# Pour les nostalgiques de screen
# comme les raccourcis ne sont pas les mêmes, j'évite
#set -g prefix C-a
#unbind-key C-b
#bind-key a send-prefix

# même hack que sur screen lorsqu'on veut profiter du scroll du terminal (xterm ...)
set -g terminal-overrides 'xterm*:smcup@:rmcup@'

# c'est un minimum (defaut 2000)
set-option -g history-limit 100000

# lorsque j'ai encore un tmux ailleurs seule
# sa fenetre active réduit la taille de ma fenetre locale
setw -g aggressive-resize on

# locker la session après inactivité (en s)
set -g lock-after-time 3600
# pour que le lock marche sous linux (apt-get install vlock)
set -g lock-command vlock

# il faut choisir un derivé de screen, 256 couleurs c'est bien !
set -g default-terminal "screen-256color"

# pour ceux qui n'ont pas laché la souris
set -g mouse-select-pane on
setw -g mode-mouse on

# ca peut etre utile ...
set -g status-utf8 on
setw -g utf8 on

# Pour etre alerté sur un changement dans une autre fenêtre
setw -g monitor-activity on
#set -g visual-activity on
#set -g visual-bell on

# numéroter a partir de 1, pratique pour l'accès direct
set -g base-index 1

# repercuter le contenu de la fenetre dans la barre de titre
# reference des string : man tmux (status-left)
set -g set-titles on
set -g set-titles-string '#H #W #T' # host window command


#########
# theme #
#########
# exprimez votre créativité ici !
# pour les string : man tmux (status-left)

# barre un peu plus discrete
set -g status-bg default
set -g status-fg green
setw -g window-status-current-bg default
setw -g window-status-current-fg white
setw -g window-status-alert-attr default
setw -g window-status-alert-fg yellow

set -g pane-active-border-fg green
set -g pane-active-border-bg black
set -g pane-border-fg white
set -g pane-border-bg black

set -g message-fg black
set -g message-bg green

# exemples de barre d'état 
#set -g status-left '#[fg=red]#H#[fg=green]:#[fg=white]#S #[fg=green]][#[default]'
#set -g status-right '#[fg=green]][#[fg=white] #T #[fg=green]][ #[fg=blue]%Y-%m-%d #[fg=white]%H:%M#[default]'

#set -g status-left '#[fg=red]#H#[fg=green]:#[fg=white]#S #[fg=green]][#[default]'
#set -g status-right '#[fg=green]][ #[fg=blue]%Y-%m-%d #[fg=white]%H:%M#[default]'

#set -g status-left '#[fg=green](#S) #(whoami)@#H#[default]'
#set -g status-right '#[fg=yellow]#(cut -d " " -f 1-3 /proc/loadavg)#[default] #[fg=blue]%H:%M#[default]'

#set -g status-right "#[fg=yellow]#(uptime | cut -d ',' -f 2-)"

Comme pour le bashrc collaboratif, je vous propose de poster en commentaires vos personnalisations, je les ajouterai.

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Résumé : tmux

Aujourd'hui tout le monde connaît et utilise screen. Miracle de la technologie, il permet de survivre aux déconnexions, de lancer des commandes longues sans avoir peur, de faire passer tous ses shells dans une seule connexion et on le trouve souvent associé à l'indémodable irssi.

Comme vous le savez peut-être screen n'est plus maintenu. Ayant un code un difficile à lire et à maintenir, des développeurs ont choisi lui faire un concurrent plutôt que de le reprendre.

Ce concurrent se nomme tmux. Il dispose de la plupart des fonctionnalités de screen et d'autres en plus. Comme vous le verrez, votre problème sera essentiellement de vous adapter aux nouveaux raccourcis. Pour le reste c'est tout bon.

Tmux dispose de presque toutes les fonctionnalités de screen sauf la communication par port série (rapport choucroute, toussa).

Commençons par le lancement :

# lancer un nouveau multiplexeur
$ screen 
$ tmux
# s'attacher à un multiplexeur existant 
$ screen -d -r
$ tmux attach

Les raccourcis :

  • Nouvelle fenêtre
    • screen : ctrl-a ctrl-c
    • tmux : ctrl-b c
  • Se détacher :
    • screen : ctrl-a d
    • tmux : ctrl-b d
  • Passer à la fenêtre suivante
    • screen : ctrl-a <espace>
    • tmux : ctrl-b n

Je dois dire que ça y est je suis passé entièrement à tmux, le mélange ctrl-a ctrl-b entre screen et tmux commençait à être difficile. A propos d'adaptation, j'ai eu une seule difficulté c'est de m'habituer au nouveau scrollback. Il n'est pas possible de le faire à la souris, comme dans screen avec l'astuce du termcapinfo. Remarquez, c'est plus propre car du coup il n'y a pas de mélange des bufffer de scrollback entre les différents terminaux. Donc la méthode propre dans tmux c'est ctrl-b suivi de pgUp et là vous êtes en mode copy (qui permet entre autre le scrollback), vous pouvez alors naviguer avec pgUp, pgDown ou les touches directionnelles. Et pour Revenir au mode normal, Esc tout simplement.

Dans un prochain article nous verrons comment changer la configuration de tmux, même si les valeurs par défaut sont plutôt bonnes.

Correction  : j'ai modifié cet article car le système pour rendre le rootage permanent ne fonctionnait pas !

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Résumé : adb shell

Il y a peu je me suis offert un téléphone android. Devinez quoi ... c'est un linux (pas GNU pour une fois, plutôt un dalvik/linux).

Seule ombre au programme, je ne suis pas root dessus. C'est pas très fair play de la part du vendeur sachant que le téléphone m'appartient. Comment faire pour supprimer les applications installées par le fabriquant et qui me cassent les *** à se lancer sans me demander mon avis ?

Ma première mission est donc de devenir root.

Les habitués des OS de bureau auront l'idée de toucher au bootloader pendant qu'il boote. Bonne idée, mais sur une telle machine le bootloader est assez sobre, et plutôt protégé, ne parlons pas du bios. J'ai donc ignoré cette technique pour passer à une méthode plus courantes pour les bidouilleurs de tout poil : exploiter une faille de sécurité.

C'est donc grâce aux failles de sécurité que je vais avoir le droit d'accéder au système de ma propre machine ! Autrement dit, c'est parce que le fabriquant protège mal le système qu'il m'a vendu que mes droits de consommateur sont respectés ...


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Résumé : /proc/sys/fs/binfmt_misc/register

Exécution

Savez-vous qu'on peut rendre n'importe quel fichier exécutable sous linux ? Bien sûr il suffit de faire un chmod +x, mais le noyau risque de vous envoyer balader si le fichier n'est pas réellement exécutable.

Mais je parle ici de rendre exécutable n'importe quel fichier, un jar, un source en C, un MP3 ...

Mais comment quoi que donc !?

Pour exécuter un fichier, le noyau lit les premiers octets du fichier et vérifie qu'ils correspondent à un format binaire (binfmt) connu. Il existe un système pour ajouter des formats binaires à ceux déjà supportés dans le noyau (en gros les elf et les scripts). Il s'agit du format misc.

Pour savoir si ce format est supporté chez vous, ce qui est très probable, lancez la commande :

$ cat /proc/sys/fs/binfmt_misc/status

S'il n'est pas supporté, il faut charger le module et monter le répertoire :

$ modprobe binfmt_misc
$ mount binfmt_misc -t binfmt_misc /proc/sys/fs/binfmt_misc 

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