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Linux Attitude

Le libre est un état d'esprit

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Category: Paul et Mickey

Scotch

Niveau :      
Résumé :

Quoi ?

Vous connaissez le standard ISO 216 ? C'est celui qui définit la taille des pages A4, A3, ... Ces pages ont un ratio hauteur/largeur de racine de 2. Caractéristique intéressante qui permet de coller 2 pages côte à côte pour passer au format du dessus.

Je digresse, mais disons que la plupart des papiers écrits ont a peu près ce ratio, en format paysage (revues, livres de poche, document imprimés, ...) Quand je dis a peu près c'est très approximatif, 1.4, 1.3, 1.6 c'est a peu près pareil.

L'important étant que les écrans respectent en général l'inverse de ce format (mode paysage quoi). Pourtant si les papiers utilisent ce genre de ratio ce n'est pas vraiment pour le côté standard, mais pour le coté lisibilité. Les journaux mettent même plusieurs colonnes sur une même page pour augmenter cette lisibilité.

C'est pourquoi je vous propose de retourner votre écran. Si vous avez la chance d'avoir un écran que le pied vous permet de pivoter vous pouvez le mettre en format portrait assez facilement.

Comment ?

Sous linux xrandr permet de faire ce genre de chose assez facilement :

$ xrandr -o left

Pour ceux qui ont un dual boot, notez que les raccourcis ctrl-alt-fleche permettent aussi de tourner virtuellement l'écran de windows.

Pourquoi ?

Une fois cette modification effectuée, vous constaterez que beaucoup de choses n'apparaissent plus de la même façon.

  • Un manuel d'une page fait ... une page, plus besoin de scroller.
  • Un document à éditer a le même format que le papier sur lequel il sera imprimé, pratique pour ce qu'on appelle le WYSIWYG
  • Les PDF sont rendu sur une page similaire à ce qu'ils seraient s'ils étaient imprimés (pas besoin d'acheter ipad, bande de ...)
  • Les sites webs restent lisible (les exceptions sont tellement rare que je n'ai jamais eu besoin de retourner mon écran pour en lire un) voire deviennent plus lisibles pour certains.
  • Vous pouvez maintenant mettre votre barre des taches en bas de l'écran sans que cela vous grille votre précieux espace de lecture.

continue reading...

Lorsqu'on aborde le libre, on ne le voit pas du tout de la même façon selon qu'on est un utilisateur expérimenté ou non.

Un utilisateur expérimenté commencera par explorer cet univers et découvrira à chaque fois une nouvelle façon de faire, une solution plus ou moins adaptée à ses besoins. Progressivement, il se forgera un opinion sur les logiciels qu'il rencontre (emacs c'est bien, vim c'est mal). Celle-ci peut varier au cours du temps et des nouvelles technologies qu'il rentre.

Cette possibilité de choisir est une composante essentielle du logiciel libre et on constate que dans la plupart des domaines des centaines de choix vous sont proposés. Le site distrowatch est un exemple de la diversité des distributions, sa page de statistiques compte 297 distributions.

C'est une bonne chose, mais maintenant plaçons-nous dans la peau d'un novice. La première chose qu'il voit est la même : un choix gigantesque et permanent. Quelle distribution ? Quel éditeur de texte ? Quel navigateur ? Tout ce choix tue le choix.

Devoir choisir est difficile pour trois raisons. La première est que lorsqu'on est nouveau on ne connait pas du tout le domaine ni les critères de choix. Rien ne nous indique pourquoi choisir telle ou telle solution. Il faut alors aller chercher l'information et comparer les différentes possibilités soi-même.

La deuxième est qu'il faut disposer de temps pour faire ce choix. Mais le temps est une richesse qu'on ne veut pas nécessairement dépenser. Une personne riche de son temps peut le dépenser à tout va, mais cette richesse se fait de plus en plus rare et nombreux sont ceux qui préfèreront dépenser leur temps à pêcher ou à partir à la chasse au kangourou.

La troisième est la pression psychologique du choix. Ai-je fait le bon choix ? N'y avait-il pas un meilleur choix ? C'est quelque part une bonne chose pour une personne expérimentée qui va passer son temps à se demander s'il n'y a pas mieux et à sauter sur la moindre occasion d'améliorer les choses. Mais la plupart des gens risquent de trouver cet excès de choix trop difficile.

Conclusion : Trop de choix tue le choix !

Conclusion 2 : Il faut faire les choix à la place des débutants.

... enfin presque !

"S'il n'y avait que des gens comme vous, il y aurait encore les chambres à gaz !"

Ces petites phrases assassines se trouvent invariablement suivies d'un point godwin. Le point godwin c'est au départ le point à partir duquel la conversation (le troll) a dévié et les participants vont chercher des arguments percutants dans la seconde guerre mondiale sans grande relation avec la discussion. Le sens a légèrement changé et c'est devenu un point décerné aux gens qui abusent de références aux nazis pour tenter de discréditer son interlocuteur.

Toute personne décernant un point godwin croit donc avoir mis fin radicalement à une conversation qui dévie. Mais ce n'est pas le cas, invoquer un point godwin, c'est utiliser le même procédé que son interlocuteur. C'est chercher à faire taire quelqu'un par un argument d'autorité sans autre forme de discussion.

C'est maintenant devenu une plaie des discussions où le point godwin est invoqué à tout moment. Pourtant, il est totalement véridique que "Hitler a été élu". Et utiliser cette phrase pour démontrer que les élections ne sont pas une garantie en soi est parfaitement légitime. Plutôt que d'utiliser le point godwin, expliquez à votre interlocuteur que le contexte social n'a plus rien à voir et qu'en l'état actuel des choses, on peut fortement espérer que cela ne se reproduise pas.

Et si vous êtes tentés d'utiliser le nazisme pour une comparaison, pensez d'abord à 1984, ce roman a la même puissance évocatrice et est diaboliquement réaliste puisqu'il s'en inspire, c'est un point godwin géant à lui tout seul. Et on ne vous parlera même pas de godwin si vous l'évoquez alors que c'est bien de cela qu'il s'agit.

Quelques autres comparaisons pour la route :

  • Le fichage des personnes est-il un retour au temps de Vichy ?
  • Le filtrage d'internet est-il une volonté de contrôle faschiste des citoyens ?
  • L'utilisation d'un identifiant unique (sécu) pour toutes les bases de données ne servirait-il pas les nazis ?
  • Nicolas Sarkozy pourrait-il devenir dictateur ?
  • La FSF n'est-elle pas peuplée de fachos du libre ?
  • Les gentooistes n'étaient-ils pas sponsors des chambres à gaz avec leurs bécanes chauffantes ?
  • Peut-on rire de tout et même de RMS ?

Dissertation : essayez de répondre sans utiliser le point godwin !

Lorsqu'on écrit un texte un tant soit peu explicatif, on se retrouve toujours à donner un exemple. L'exemple est l'essence même de l'explication, essayez d'expliquer l'addition à votre fils sans utiliser d'objet "pour l'exemple". L'exemple est l'élément déclencheur de la compréhension.

Un long texte abscons ne permettra jamais à quelqu'un d'apprendre ni de comprendre vraiment de quoi il s'agit. Mais plus la formalisation est grande, moins les exemples sont nécessaires. Et pourtant même en mathématique, un exemple permet toujours d'avancer un peu plus vite dans la compréhension des choses.

C'est pourquoi il est indispensable de bien choisir ses exemples. Un exemple doit à la fois :

  • coller à la théorie qu'on expose
  • être valable
  • être concis
  • être commun dans un premier temps
  • être original dans un deuxième temps
  • ouvrir l'esprit

Si l'exemple met en pratique une simple action, vous ne retiendrez que les quatre premières propriétés. Si ce que vous voulez montrer est vaste, faites en plusieurs et n'hésitez pas à sortir des sentiers battus.

Exemple (:-) : Supposons que vous vouliez expliquer ce qu'est un fruit. Ne vous cantonnez pas à ceux que vous avez dans votre cuisine. Votre auditeur en déduira qu'un légume se trouve dans la cuisine (oui c'est peu tiré par les cheveux, mais vous a-t-on raconté l'histoire du robot a qui on avait appris à reconnaître des arbres sur des photos, et qui finalement avait appris à reconnaître la présence du ciel bleu ?).

Autant que possible, essayez de mettre en pratique tous les éléments de la définition. La tomate est un fruit, mais le rambutan aussi.

Ce n'est qu'à la condition d'être un peu original et d'exploiter les différentes variations de la notion que vous désirez expliquer que vous ouvrirez l'esprit de votre spectateur et qu'il se demandera enfin si oui ou non la pomme de pin est un fruit (de même que la banane qui n'a pas de graine).

En gros, ne prenez pas pour exemple mon article précédent.

Faites donc bien attention aux exemples que vous donnerez, votre lectorat s'attachera bien plus à les comprendre que la théorie sous-jacente. C'est aussi grâce à eux que vos correspondants auront un esprit ouvert et que vous augmenterez leur QI (félicitation, vous participez à l'augmentation du QI mondial).

Niveau :      
Résumé : HTTP

HTTP règne en maître dans le monde des protocoles. C'est le plus utilisé et il n'est pas près de lâcher sa place. Je vais vous rappeler pourquoi.

Les protocoles

Dans le monde des protocoles il y a plusieurs couches.

Partons de la couche 3 : IP. Ce protocole est internet à lui tout seul. Personne ne parviendra à le détrôner si ce n'est lui-même (IPv6). Les autres protocoles de niveaux 3 viables visent des niches ou du à-peine-réseau (bluetooth ou usb collent aussi au modèle osi).

Sur la couche 4 on trouve TCP et UDP, qui ont très peu de concurrents. Il en existe, mais ils sont rares car difficiles à développer (il faut toucher au noyau sous linux si on veut faire propre et efficace).

Sur la couche 5 on trouve des milliers de protocoles, ils sont faciles à développer (en espace utilisateur) et donc courants. Et pourtant, on constate que sur internet un très petit nombre d'entre eux sont utilisés en masse : DNS, SMTP, HTTP. Les autres POP, IMAP, FTP, SSH ... sont utilisés mais commencent à se faire anecdotiques. Pourquoi ?

HTTP

HTTP est de loin de plus utilisé parce que de plus en plus de services se basent directement sur HTTP plutôt que d'inventer leur protocole. Et ils ont de très bonnes raisons pour ça :

  • ne pas réinventer la roue, des bibliothèques et des serveurs existent déjà
  • HTTP est autorisé à traverser quasiment tous les firewalls
  • il traverse le NAT
  • il est capable de supporter la déconnexion (il fonctionne en mode non connecté)
  • le SSL est déjà implémenté
  • l'authentification est déjà implémentée
  • il est possible de développer rapidement une preuve de concept avec apache et un langage de script
  • il utilise une API très simple : question -> réponse

Du coup on le retrouve dans :

  • les sites web (ouf)
  • le transfert de fichier
  • les systèmes de fichiers (webdav)
  • les appels de fonction à distance (XMLRPC)
  • la gestion de calendrier (caldav)
  • l'interconnexion de services (SOAP)
  • les applications distantes (ajax)
  • la communication instantanée (Jabber)
  • et j'en oublie ...

Mais pourquoi une telle domination sur tous les autres protocoles ? Ce n'est pas seulement grâce à l'omniprésence des navigateurs. Tout d'abord HTTP propose déjà un certain nombre de services (voir plus haut) qui ne sont plus à redévelopper. Mais surtout, regardons ses concurrents :

  • SMTP
  • DNS
  • RPC
  • SNMP
  • Et c'est tout !

Oui c'est tout, en effet, ce sont à peu près les seuls protocoles qui ont été prévus pour être extensibles et disposer d'une couche supérieure. Ils fonctionnent tous sur le système question réponse et laissent le soin à la couche du dessus d'interpréter le sens des questions et des réponses :

  • DNS : basé sur UDP, non fiable, limité en taille -> éliminé
  • SNMP : idem, même s'il existe une version TCP -> éliminé
  • RPC : format binaire difficile à mettre en place -> éliminé
  • SMTP : il est difficile de récupérer autre chose que des codes d'erreur en SMTP puisqu'il est fait pour l'envoi -> éliminé

Si on veut développer une nouvelle application qui communique par le réseau, on a le choix entre inventer un nouveau protocole ou simplement créer une sémantique de question / réponse au dessus de HTTP et profiter de tous ses avantages. Les rares cas où ce n'est pas possible :

  • besoin de données en temps réel (et encore le débit augmentant, HTTP peut faire RTSP du pauvre)
  • besoin de la notion d'évènement du serveur vers le client (et encore, certaines bidouilles HTTP laissant la connexion ouverte permettent ce comportement)
  • besoin de multicast ou de fonctionnalités encore exotiques aujourd'hui

Conclusion

Le HTTP c'est LE protocole, celui qui remplace le TCP d'hier. Le TCP n'est plus ce qu'il était, c'est à dire la couche sur laquelle on se base pour développer un nouveau protocole. Vous pouvez être sûr qu'il y a encore des milliers de protocoles à inventer, mais vous pouvez aussi être sur que la plupart d'entre eux se baseront sur HTTP. D'ailleurs celui-ci étant extensible, il est probable qu'il évolue un jour pour être un peu plus générique et apporter des réponses aux problèmes qui se posent dans certains cas comme les évènements.

On ne devrait plus parler de TCP/IP mais de HTTP/TCP/IP. Finalement, on se rapproche du modèle OSI.

Niveau : Interdit aux plus de 9,5 de tension

Il paraît qu'il est de coutume de souhaiter la bonne année en cette période de l'hiver. Ça tombe mal ma religion compte en années de 4096 jours car c'est un nombre cool. Par contre je peux vous souhaiter un joyeux schlomock en avance de 3 jours.

Parlons un peu de Darwin, ce maître à penser qui n'a pas inventé l'évolution, mais a parfaitement compris que la nature ne savait pas faire autrement. La révolution est un privilège d'homme (et probablement de météorite). Mais revenons à nos dinosaures. L'évolution telle que décrite par Darwin se base sur deux principes : les mutations et la sélection naturelle. La première empêche l'apparition du chat à 9 queues avant le chat à une queue, et la seconde empêche que le chat sans queue ne prolifère puisqu'il tombera toujours du côté de la confiture.

C'est en disant n'importe quoi qu'on a l'air intelligent !

Le logiciel libre évolue lui aussi. Il subit de nombreuses mutations qui, remarquez-le, sont progressives, contrairement au propriétaire qui se modifie plutôt par saut quantiques. Et j'affirme que tout comme la vie, le logiciel libre évolue de façon totalement aléatoire. Il y a du bon et du mauvais, il y a de l'inutile, de l'accessoire et de l'indispensable. Malheureusement, contrairement à la vraie vie, certains oublient que pour favoriser l'évolution, il faut une sélection naturelle (étudiez le début de chacune des Périodes géologiques pour en être convaincu).

Qui dit sélection naturelle, dit mort de l'espèce, mais pas de ses gènes (hé oui, ils restent répartis dans les espèces voisines). Dans le monde du logiciel libre, cela signifie qu'il faut savoir abandonner des logiciels pour mieux faire de la place aux autres. Firefox 1 est mort, ed s'étudie en histoire et les unix propriétaires à l'exception de solaris ont un pied dans la tombe. Achevez-les.

Tuez un logiciel et gagnez une place au paradis !

Par conséquent les virus sont une bonne chose. Tout comme dans la vraie vie(tm), il permettent une sélection naturelle. Lorsqu'un virus/ver/parasite passe, soit vous patchez, soit vous mourez. C'est aussi grâce à toutes les failles que le logiciel évolue, si personne n'avait jamais exploité les failles de linux, croyez-vous qu'il serait si bien aujourd'hui ? Si personne n'avait fait de virus pour windows, croyez-vous qu'il aurait une chance aujourd'hui ?

Croissez et multipliez vos virus, remplissez le cyberespace et soumettez-le !

Certaines espèces mettent beaucoup de temps à mourir, c'est pourquoi les charognards et autres insectes sont là pour faire du nettoyage. C'est pourquoi apple est aussi la firme du bien. Malgré tous ses défauts, elle permet à tout le monde de se rendre compte qu'il est possible d'avoir un OS différent, qu'il est possible de faire des IHM avec un grand H et que le monde est vaste.

Mieux vaut transformer un utilisateur en mangeur de pomme que de le laisser pourrir derrière une fenêtre fermée !

Au revoir, à bientôt, pour de nouvelles aventures ...

PS: on trouve dans ce texte une référence à un spectacle, à un dessin animé, à une religion, à un acteur de vidéo sur le web et à une loi. Retrouvez-les et vous aurez droit à un commentaire.